Le Dieu du tout et du néant, lors de la création, offrit à ses créatures humaines une Terre pleine de fraîcheur, de beauté et de plaisirs pour les gratifier de leur
dévouement et de leur soumission. Les humains, génération après génération, se développèrent à grande vitesse. Ils apprirent la chasse, puis l'agriculture, l'élevage,
le commerce ainsi que les sciences et même l'art du combat.
Ils formèrent des familles, une hiérarchie et des lois, bref, une société. Elle était d'ailleurs à un sommet de connaissances impressionnant. Malheureusement, la
philosophie qui entourait la sagesse avait eu beaucoup moins de succès. En effet, ces mêmes hommes oublièrent peu à peu à qui leur vie était due. Ce respect qu'ils
devaient à ce Dieu créateur s'effaça au fil du temps.
Gaia, déesse symbolisant la vie, avait offert aux hommes le pouvoir de la magie. Cette faculté servait à soigner, à guérir ou même à éclairer les voyageurs égarés dans
leur propre esprit. Gaia contrôlait aussi la nature; ainsi, l'équilibre était de rigueur. Cette magie pouvait être aussi utilisée, selon le vouloir des utilisateurs,
à des fins malfaisantes.
Avec le temps qui s'était écoulé depuis l'aube de la vie, les hommes avaient domestiqué quasiment tous les prédateurs de la planète. De la sorte, la soif de sang de
cet homme si brave laissa place à la peur, la peur de perdre les choses acquises. En effet, l'humain était devenu esclave de son engouement vis à vis du matérialisme.
Cette folie amena justement à croire qu'un destin divin leur était dû.
À Délucia, huit mages, inconscients et viciés qu'ils furent, formèrent le rituel. En ce jour, ils réclamèrent l'immortalité des hommes. Ils faisaient tous partie de
grandes familles de sorciers, ainsi les modifications génétiques leur avaient légué une puissance magique sans limite. Une colonne éblouissante de force à l'état brut s'éleva
vers le ciel. Elle illuminait les terres à des lieues à la ronde. Durant de longues et interminables heures, les mages continuèrent à lancer d’innombrables incantations. À
la limite de l'épuisement physique, ils achevèrent le rituel. Il y eut un souffle d'air violent qui fit tomber les huit mages à genoux. Ils avaient réussi. Les hommes ne
quitteraient plus jamais le royaume des vivants, mais à quel prix ?
La planète était entièrement dévastée... À feux et à sang, presque tout avait été détruit. Sans sagesse, ils avaient voulu défier les dieux. En brisant l'équilibre naturel,
ils avaient libéré Kali, jadis bannie du Royaume des vivants, dont la cruauté et le machiavélisme demeuraient jusqu'alors inégalés. Dès lors, elle n'eut qu'un unique et
terrible projet: accaparer ces terres désormais surnommées Terres d'Apocalypse.
Les rares survivants de l'horrible catastrophe, s'armant de leur union, commencèrent à reconstruire sur les ruines des anciennes villes. Désormais, sans la mort, ils
auraient l'éternité pour rebâtir leur vie, leur monde, et surtout, obtenir le pardon auprès de leur Dieu vengeur.
Gaia, prise de compassion pour ce peuple et de haine envers Kali, envoya sur ces Terres d'Apocalypse ses deux fils demi-dieux, Eon et Gorgon. Le premier se passionnait
pour l'ordre et la droiture, il aspirait au respect et à la modestie. Le deuxième, Gorgon, dont la nature était plus imprévisible et changeante, admirait l'audace et
l'ambition. Secrètement, ils se disputaient les faveurs de leur mère.
Pour réduire à néant Kali, la renégate, ils entreprirent de monter une armée. Seuls les humains les plus forts pourraient les suivre dans ce combat sans merci. Il leur
faudra prouver leur force et leur foi auprès d'Eon ou Gorgon par sept fois. Par sept fois, ils devront renaître. Les disciples d'Eon seront surnommés les Élus et ceux de
Gorgon, les Déchus.
Ces êtres, prenant peu à peu les traits de leur maître, sauront-ils surmonter leurs différences à la faveur de l'union contre Kali ?
Kali arrivera-t-elle à profiter de cette faille entre les Déchus et les Élus, les désunir pour mieux régner sur ce monde de chaos ?
Seul notre avenir nous le dira…
Auteure : Martha